Mesure de la terre : comment tester sa résistance et respecter la NF C 15-100
La résistance de la prise de terre se mesure avec un telluromètre, pas avec un multimètre, et doit rester inférieure ou égale à 100 ohms.
- Le multimètre ne fait que vérifier le raccordement.
- Tension phase-terre correcte : de 220 à 240 V.
- Tension neutre-terre : inférieure à 2 V.
- Limite NF C 15-100 : 100 ohms maximum.
- Résistivité du sol : variation d’un facteur 1 à 3.
- Isoler la terre en retirant la barrette amovible du tableau.
Pourquoi mesurer la résistance de sa prise de terre
La prise de terre est le point de fuite de tous les courants indésirables d’une installation électrique. Sans elle, un défaut d’isolement transforme un appareil en conducteur dangereux. Mesurer sa résistance est donc le seul moyen de vérifier qu’elle remplit réellement son rôle.
- Protéger les personnes des défauts : un courant de défaut doit s’évacuer vers la terre avant tout contact.
- Évacuer la foudre et les surtensions : la terre offre un chemin direct au courant vers le sol.
- Assurer le déclenchement différentiel 30 mA : ce seuil de déclenchement n’est efficace que si la terre est fonctionnelle.
- Respecter la norme NF C 15-100 : la résistance de terre doit rester inférieure ou égale à 100 ohms.
- Anticiper les variations saisonnières : la résistivité du sol peut varier d’un facteur 1 à 3 entre un hiver humide et un été sec.
Une sécurité qui repose sur une valeur chiffrée
La NF C 15-100 fixe une limite claire : 100 ohms maximum pour la résistance de la prise de terre. Au-delà, l’installation n’offre plus les garanties attendues, même si le courant circule encore. Mesurer permet de savoir où l’on se situe réellement, sans se fier à l’apparence des connexions.
Une mesure utile même quand tout fonctionne
Une installation peut sembler parfaitement opérationnelle et pourtant présenter une terre dégradée par le temps, la corrosion ou un sol sec. La mesure permet aussi de déterminer la résistivité du sol pour adapter l’ouvrage de terre si nécessaire. Un contrôle régulier évite de découvrir le problème au pire moment.
Comment mesurer sa terre avec un multimètre (étapes)

Vérifier le raccordement d’une prise de terre au multimètre
Le multimètre ne mesure pas la résistance d’une prise de terre, mais il permet de vérifier qu’une prise est bien raccordée à la terre. Voici la procédure, à réaliser sur une installation sous tension avec un appareil réglé en position tension alternative (V~) :
- Contrôler tension phase-terre : une valeur entre 220 et 240 V confirme le raccordement
- Contrôler tension neutre-terre : la valeur doit rester inférieure à 2 V
- Identifier la barrette amovible : elle relie la terre au neutre dans le tableau
- Isoler la prise de terre : retirez la barrette avant toute mesure de résistance
Insérez une pointe de touche dans la borne de terre de la prise et l’autre dans la phase. Une tension proche de 230 V (plage normale de 220 à 240 V) signale un raccordement correct de l’installation monophasée.
Pourquoi le multimètre ne mesure pas la terre
Un multimètre classique ne peut pas mesurer une résistance de terre car il envoie un courant trop faible et utilise sa propre pile comme référence. Or, la résistance de terre dépend du sol environnant et exige l’injection d’un courant dans une boucle de mesure fermée via des électrodes auxiliaires plantées à distance.
Pour cette raison, le test à l’ampoule et le multimètre seul sont déconseillés. La mesure réelle d’une prise de terre requiert un telluromètre, qui utilise deux électrodes auxiliaires (une pique de courant et une pique de potentiel) pour établir une différence de potentiel exploitable.
Le multimètre reste donc utile pour un diagnostic rapide de continuité (prise raccordée ou non), mais jamais pour une mesure chiffrée conforme à la NF C 15-100.
Quelle valeur de résistance viser selon la NF C 15-100
| Grandeur mesurée | Valeur de référence | Norme ou source |
|---|---|---|
| Résistance de terre maximale | 100 Ω | NF C 15-100 |
| Tension phase-terre (monophasé) | 220 à 240 V | Installation conforme |
| Tension neutre-terre | Moins de 2 V | Bon raccordement |
| Plage recommandée géobiologie | 10 à 100 Ω | Bio électricité Geotellurique |
| Déclenchement différentiel | 30 mA | Protection des personnes |
La NF C 15-100 fixe un seuil unique et clair : la résistance de votre prise de terre doit rester inférieure ou égale à 100 ohms. Cette valeur garantit que le courant de défaut s’évacue vers le sol assez vite pour que le différentiel 30 mA coupe le circuit avant tout risque pour une personne.
Attention toutefois : ce seuil de 100 Ω n’est pas une valeur unique universelle. Il peut varier selon le pays, le système de neutre (TT, TN, IT) et le type d’installation. En France, en régime TT, c’est bien cette limite qui sert de référence au consuel et aux vérifications périodiques.
Comprendre la résistivité du sol
La résistance mesurée dépend d’abord de la résistivité du sol, notée ρ et exprimée en ohm-mètres. Un sol argileux humide conduit bien mieux qu’un sol sableux ou rocheux. C’est cette résistivité qui détermine le nombre et la longueur des piquets à planter.
Pour un piquet unique, la résistance approximative se calcule avec la formule R = ρ / L, où L est la longueur du piquet. Avec plusieurs piquets, on utilise R = ρ / (n × L), n étant le nombre de piquets. Doubler les piquets ne divise donc pas la résistance par deux : le gain réel reste limité par les interactions entre électrodes.
L’influence de la profondeur et des saisons
La profondeur d’enfouissement joue un rôle direct. Au-delà de 1 à 2 m, l’influence des conditions saisonnières diminue nettement, car le sol conserve une humidité plus stable. C’est pourquoi les piquets de 1 à 2 m restent la solution la plus courante.
Il faut aussi compter avec la variation saisonnière : entre un hiver humide et un été sec, la résistivité peut varier d’un facteur 1 à 3. Une mesure faite en été peut donc afficher une valeur très supérieure à celle relevée en hiver, sans que l’installation ait changé. Pour juger de la conformité réelle, mieux vaut mesurer dans des conditions défavorables, sol sec.
Testeur, telluromètre ou multimètre : quel appareil choisir
Le choix de l’appareil dépend directement de ce que vous voulez vérifier. Un multimètre classique ne mesure pas la résistance d’une prise de terre : il se limite à contrôler la continuité et la présence de tension. Pour une mesure réelle de terre, il faut un appareil dédié.
Le telluromètre (ou mesureur de terre) est l’instrument professionnel de référence. Il mesure la résistance du sol selon la méthode des électrodes auxiliaires et affiche une valeur en ohms exploitable pour vérifier la conformité à la NF C 15-100. Le contrôleur de boucle de terre simplifie l’usage : il se branche comme un testeur de prise et donne une estimation rapide, sans piquets auxiliaires.
| Appareil | Usage recommandé | Modèles cités |
|---|---|---|
| Multimètre | Vérifier raccordement et tension phase-terre | Usage générique |
| Testeur de prise | Détecter câblage inversé, présence terre | Mastech MS5902, Tenmars YF-8160 |
| Contrôleur de boucle de terre | Mesure rapide sans électrodes auxiliaires | Tohm-e, Catohm DT300 |
| Telluromètre | Mesure résistance de terre précise | PCE-ECT-50, PCE-ERT 10 |
| Testeur différentiel 30 mA | Contrôler la disjonction du différentiel | PM6860DR |
Pour un particulier qui veut simplement savoir si sa prise est bien reliée à la terre, un testeur de prise suffit. Pour diagnostiquer une résistance trop élevée ou valider une installation neuve, le telluromètre reste indispensable. Entre les deux, le contrôleur de boucle de terre offre un bon compromis pour un électricien qui intervient régulièrement.
Attention à ne pas confondre mesure de terre et test du différentiel. Un testeur différentiel 30 mA comme le PM6860DR vérifie que l’interrupteur déclenche, pas que la terre évacue correctement le courant de défaut. Les deux contrôles sont complémentaires.
Comment interpréter les résultats de la mesure
Une mesure proche de 230 V (plage normale de 220 à 240 V) entre phase et terre confirme que la prise est bien raccordée à la terre. À l’inverse, une tension neutre-terre supérieure à 2 V doit vous alerter sur la qualité du raccordement.
La barrette amovible du tableau de répartition joue un rôle clé dans le diagnostic : elle permet d’isoler la prise de terre du reste de l’installation pour réaliser une mesure fiable avec un appareil adapté. Sans cette isolation, les résultats obtenus restent indicatifs et ne reflètent pas la résistance réelle de votre prise de terre.
Si le relevé dépasse 100 ohms, la valeur n’est plus conforme à la NF C 15-100. Pensez aussi à la variation saisonnière : un sol sec en été peut faire grimper la résistance d’un facteur 1 à 3 par rapport à l’hiver humide. Contrôlez régulièrement, surtout après des travaux ou un épisode de sécheresse.
Types de prises de terre et réalisation
La prise de terre peut prendre plusieurs formes selon le terrain, l’âge du bâtiment et le type de construction. Chaque configuration impose ses propres règles de profondeur d’enfouissement et de matériaux.
- Boucle à fond de fouille : solution recommandée en construction neuve, le conducteur nu est posé sous le béton de propreté à 1 m de profondeur minimum.
- Piquets cuivre ou acier cuivré : à enfoncer verticalement sur une longueur de 1 à 2 m, idéal quand la place manque autour du bâtiment.
- Plaques verticales enterrées : carrées ou rectangulaires, avec un côté d’au moins 0,5 m et le centre de la plaque situé à 1 m minimum sous la surface.
- Conducteur nu sous béton : câble posé dans la fouille avant coulage, il forme une boucle continue autour de la construction.
- Matériaux et épaisseurs imposés : cuivre de 2 mm ou acier galvanisé de 3 mm pour les plaques et piquets.
La profondeur n’est pas un détail cosmétique. Au-delà de 2 m, l’influence des conditions saisonnières sur la résistance diminue fortement. Entre un hiver humide et un été sec, la résistivité du sol peut varier d’un facteur 1 à 3, ce qui suffit à faire basculer une installation hors des seuils acceptables.
Sur les terrains agressifs, acides ou humides en permanence, prévoyez des anodes sacrificielles en matériau galvanisé. Elles se corrodent à la place du piquet ou de la plaque et prolongent nettement la durée de vie de la prise de terre.
FAQ mesure de la terre
Le test de l’ampoule est-il fiable pour vérifier une prise de terre
Non, le test de l’ampoule ne mesure aucune résistance. Il indique seulement la présence d’une tension entre phase et terre. Une ampoule qui s’allume ne prouve pas que la prise de terre respecte la NF C 15-100.
Un multimètre suffit-il pour mesurer une prise de terre
Non, un multimètre classique ne peut pas mesurer une résistance de terre. Il sert uniquement à vérifier la continuité du raccordement (liaison entre la prise et le puits de terre), pas la valeur réelle en ohms.
Faut-il obligatoirement un telluromètre pour mesurer la terre
Oui, seul un telluromètre (ou un testeur de terre) donne la valeur exacte de la résistance. C’est l’appareil de référence pour un contrôle conforme à la NF C 15-100. Le multimètre ne remplace pas cette mesure.
Quelle valeur de résistance une prise de terre doit-elle respecter
La NF C 15-100 impose une résistance inférieure à 100 ohms. En pratique, on vise moins de 50 ohms, et idéalement moins de 10 ohms, pour garantir une protection efficace et durable.
Un interrupteur différentiel 30 mA est-il obligatoire
Oui, un différentiel 30 mA est obligatoire pour protéger les circuits de la salle de bain, de la cuisine et les prises extérieures. Il complète la prise de terre mais ne la remplace jamais.
À quoi servent les deux électrodes auxiliaires lors de la mesure
Les deux piquets auxiliaires créent un circuit de mesure autour du puits de terre. L’un injecte le courant, l’autre sert de référence. Cette méthode dite des 62 % permet d’obtenir une valeur fiable.
