Alimentation d’un deuxième tableau électrique : section de câble, disjoncteur et raccordement pas à pas

Le 16 mm² est la section de référence pour alimenter un tableau électrique secondaire proche.

  • Câble 3G16 en monophasé ou 5G16 en triphasé.
  • Couvre la plupart des configurations jusqu’à 27 m en 60 A.
  • Section minimale normée : 10 mm² selon le réglage du disjoncteur.
  • Au-delà de 20 à 30 m, augmenter la section (chute de tension 2 %).
  • Départ 32 A : passer de 6 mm² (19 m) à 16 mm² pour 40 m.
  • Terre de même section que phase et neutre (16 mm² en 3G16).

Quelle section de câble pour alimenter un tableau secondaire ?

Calibre disjoncteur départ Section câble monophasé Distance max recommandée Section câble triphasé
32 A 6 mm² (3G6) 19 m 5G6
32 A (longue distance) 16 mm² (3G16) 40 m 5G16
40 A 10 mm² (3G10) 27 m 5G10
63 A 16 mm² (3G16) 28 m 5G16
90 A 25 mm² 28 m 5G25

Le 16 mm², la référence pour un tableau accolé

Dans la majorité des logements, le disjoncteur de branchement est calibré à 30 A, 45 A ou 60 A. Pour alimenter un tableau secondaire proche du tableau principal, la section de référence est le 16 mm². Ce câble en 3G16 (monophasé) ou 5G16 (triphasé) couvre la plupart des configurations jusqu’à 27 m en 60 A. La section minimale exigée par la norme selon le réglage du disjoncteur de branchement reste le 10 mm² (notamment pour les calibres 15/45 A, 30/60 A ou 60/90 A).

Quand passer à une section supérieure

Dès que la distance s’allonge, la chute de tension devient le critère déterminant. Au-delà de 20 à 30 m, il faut augmenter la section pour rester sous le seuil de 2 % toléré en monophasé. Un départ 32 A passe ainsi de 6 mm² (19 m max) à 16 mm² pour 40 m. Pour un départ 63 A en 16 mm², la limite pratique se situe autour de 28 m, ce qui justifie souvent de passer à du 25 mm² au-delà.

Terre et cohérence des conducteurs

Le conducteur de terre doit avoir la même section que les conducteurs de phase et de neutre. Un câble 3G16 embarque donc une terre de 16 mm², indispensable pour assurer la continuité de protection entre les deux tableaux. Pour un garage ou un petit atelier en courte distance avec de faibles consommations, un 2,5 mm² peut suffire, mais cette solution reste réservée à des usages très limités.

Quel disjoncteur pour protéger l’alimentation du tableau secondaire ?

alimentation d'un deuxieme tableau electrique

L’alimentation d’un tableau divisionnaire doit toujours être protégée par un disjoncteur dédié, placé au départ du tableau principal. C’est ce disjoncteur qui protège le câble de liaison contre les surintensités et les courts-circuits. Sans lui, le câble d’alimentation se retrouve sans protection réelle, ce qui constitue une non-conformité à la NF C 15-100.

  • Disjoncteur dédié au départ : un seul appareil réservé à cette liaison, jamais partagé.
  • Calibres usuels : 32 A, 40 A ou 63 A, parfois 20 ou 25 A pour de petits besoins.
  • Jamais sur disjoncteur de branchement : ne jamais repiquer sur les borniers d’arrivée du DB.
  • Interdit deux fils par disjoncteur : un départ par appareil, sans exception.
  • Différentiel de calibre supérieur ou égal : l’interrupteur différentiel en amont doit encaisser le calibre du départ.
  • Interrupteur 30 mA en tête : un différentiel 30 mA doit être placé en tête du tableau secondaire pour protéger les circuits.

Le choix du calibre dépend directement de la section du câble d’alimentation et de la puissance à véhiculer. Un départ 32 A impose un câble de 6 mm², un départ 40 A exige du 10 mm², et un départ 63 A réclame du 16 mm². Si le disjoncteur est surdimensionné par rapport au câble, la protection ne joue plus son rôle.

En tête du tableau secondaire, l’interrupteur différentiel 30 mA est obligatoire pour la sécurité des personnes. Son calibre doit être au moins égal à celui du disjoncteur de départ. Bon à savoir : chaque interrupteur différentiel 30 mA supporte au maximum 8 circuits en aval, ce qui conditionne l’organisation interne du tableau.

Comment installer et raccorder un deuxième tableau électrique ?

Les six étapes de raccordement du tableau secondaire

  • Couper au disjoncteur général puis vérifier l’absence de tension avec une VAT.
  • Fixer le coffret au mur à une hauteur de 0,90 à 1,80 m du sol.
  • Tirer le câble d’alimentation depuis le tableau principal, sans passage en série.
  • Raccorder phase, neutre et terre sur les borniers des deux tableaux.
  • Équiper différentiels et disjoncteurs en tête du secondaire, avec un 30 mA.
  • Vérifier avant mise sous tension serrages, repérage des circuits et continuité de terre.

Règles de pose et de répartition des circuits

Le coffret doit rester accessible en permanence : oubliez le fond d’un placard fermé, le dessous d’un escalier ou une zone au-dessus d’un point d’eau. La NF C 15-100 impose une hauteur de 0,90 à 1,80 m pour les organes de commande, fourchette élargie de 0,50 à 1,80 m si le tableau possède une porte.

À l’intérieur, répartissez les circuits par rangée et par usage. Chaque interrupteur différentiel 30 mA ne doit pas dépasser 8 circuits, et il est prudent de conserver 20 % de modules libres pour les ajouts futurs. Ne raccordez jamais deux départs sur un même disjoncteur, et n’alimentez jamais le secondaire depuis les borniers d’arrivée du tableau principal.

La terre doit suivre le câble d’alimentation (3G en monophasé, 5G en triphasé) jusqu’au bornier du tableau secondaire. Cette continuité est indispensable au bon fonctionnement des protections différentielles de toute la zone.

Pourquoi installer un tableau électrique secondaire ?

Le premier motif est la saturation du tableau principal : quand toutes les rangées sont pleines, plus aucun module ne peut accueillir un nouveau circuit. Un tableau secondaire libère de la place et permet d’ajouter prises, éclairage ou borne de recharge sans tout refaire.

Vient ensuite l’éloignement des zones à desservir. Pour un garage, un atelier, un étage ou une dépendance, tirer un câble par circuit depuis le tableau principal devient vite ingérable. Un seul départ alimente le secondaire, qui répartit ensuite sur place.

Autre avantage : la coupure et les protections locales. En cas d’incident dans la zone desservie, on intervient directement sur le tableau secondaire sans couper toute la maison. Pensez à conserver 20 % de réserve de place libre pour les évolutions futures.

Tableau secondaire ou divisionnaire : définition et différences

Dans le langage courant, on parle volontiers de tableau secondaire. Pourtant, la norme NF C 15-100 ne reconnaît qu’une seule appellation officielle : le tableau divisionnaire. Les deux termes désignent donc la même installation, un coffret ajouté en complément du tableau principal.

La vraie distinction tient à la proximité entre les deux tableaux. Un coffret accolé au tableau principal, dans le même local, reste un simple prolongement. À l’inverse, un tableau installé à l’étage, au garage ou dans une dépendance devient un tableau divisionnaire à part entière, relié par une liaison dédiée.

Dans tous les cas, le principe reste identique : ce tableau est alimenté depuis un circuit du tableau principal et regroupe les protections d’une zone précise (étage, garage, extension, atelier). Il ne se branche jamais en série, jamais depuis les borniers d’arrivée, mais toujours via un départ unique et dédié.

Norme NF C 15-100 : règles de conformité à respecter

La NF C 15-100 ne parle que de « tableau divisionnaire », mais impose à ce coffret les mêmes exigences qu’au tableau principal. Un installateur ou un bricoleur averti doit vérifier plusieurs points avant de poser le moindre module.

  • Hauteur imposée : organes de commande entre 0,90 et 1,80 m du sol (0,50 à 1,80 m avec porte).
  • Près d’un point d’eau : interdit au-dessus d’une baignoire, douche, évier ou plaque de cuisson.
  • Escalier et placard fermé : pose proscrite dans ces zones non dégagées.
  • Terre obligatoire : le conducteur de protection passe par le câble de liaison (3G ou 5G).
  • Départ unique et dédié : un disjoncteur au tableau principal alimente un seul divisionnaire.
  • Réserve de 20 % : modules libres à prévoir pour les circuits futurs.

Ces règles s’appliquent quel que soit l’emplacement : garage, atelier, étage ou dépendance. Un tableau posé trop bas, dans un placard fermé ou au-dessus d’un point d’eau est considéré comme non conforme, même si le raccordement électrique est correct.

Le départ unique mérite une attention particulière : deux câbles sur un même disjoncteur, ou un raccordement repris directement sur les borniers d’arrivée, sont formellement interdits. Chaque tableau divisionnaire doit disposer de sa propre protection en amont, avec un calibre adapté à la section du câble.

Enfin, la terre doit être reprise sur le bornier du secondaire. Le conducteur vert/jaune inclus dans le câble d’alimentation assure cette continuité sans ajouter de piquet supplémentaire dans la plupart des cas.

Distance entre tableaux et calcul de chute de tension

Plus le tableau secondaire est loin du tableau principal, plus la tension baisse le long du câble. Cette chute de tension ne doit jamais dépasser 1 % pour une liaison issue du branchement. En monophasé, la formule est ΔU = 2 × ρ × L × I / S, où ρ vaut 0,0175 Ω·mm²/m pour le cuivre, L la longueur en mètres, I l’intensité et S la section.

Concrètement, un départ de 32 A en 6 mm² tient jusqu’à 19 m maximum. Au-delà, passez au 16 mm² : cette section reste valable pour 32 A jusqu’à 40 m. La règle simple : dès que la distance dépasse 20 à 30 m, augmentez la section d’un cran plutôt que de risquer une chute excessive.

Exemple : un garage situé à 30 m avec un départ de 40 A impose un calcul, car la section dépend du calibre, de la longueur et du mode de pose. Pour de faibles consommations à courte distance, un 2,5 mm² peut suffire, mais ne l’utilisez jamais pour alimenter un vrai tableau divisionnaire.