Disjoncteur différentiel type A ou AC : lequel choisir pour chaque circuit en 2026
Le type A détecte plus de courants de fuite que le type AC, ce qui le rend obligatoire pour de nombreux circuits.
- Le type AC ne voit que les courants alternatifs sinusoïdaux.
- Le type A détecte en plus les courants continus pulsés.
- Circuits concernés par le type A : lave-linge, plaque induction, IRVE.
- Le type AC couvre éclairage, prises 16A/20A, chauffage résistif.
- La différence porte sur la nature du courant de fuite, pas la sensibilité.
- La sensibilité reste de 30 mA dans les deux cas.
Interrupteur différentiel : définition, rôle et fonctionnement
L’interrupteur différentiel est un appareil de protection placé dans le tableau électrique. Sa mission principale est la protection des personnes contre les risques d’électrocution. Il ne protège pas les câbles contre les surcharges ni les courts-circuits : ce rôle revient aux disjoncteurs divisionnaires placés en aval.
- Protection des personnes : limite le risque d’électrocution en cas de contact indirect.
- Comparaison entrée/sortie : mesure en permanence le courant entrant et le courant sortant.
- Déclenchement au-delà de 30 mA : coupe le circuit dès qu’un écart dépasse ce seuil.
- Sensibilité 30 mA en domestique : valeur standard imposée pour la protection des personnes.
- Installation en tête de rangée : monté en amont des disjoncteurs divisionnaires du tableau.
- Minimum deux par logement : chaque installation doit comporter au moins deux interrupteurs différentiels.
Concrètement, l’appareil alimente en courant l’ensemble des circuits situés en aval. Si une personne touche un conducteur sous tension, une partie du courant s’échappe vers la terre. La différence entre le courant entrant et le courant sortant augmente alors brutalement.
Dès que cet écart atteint 30 mA, l’interrupteur différentiel déclenche en quelques millisecondes et coupe l’alimentation. Ce seuil de 30 mA protège efficacement le corps humain sans provoquer de déclenchements intempestifs dans une installation saine.
Un même interrupteur différentiel peut alimenter plusieurs circuits, avec un maximum recommandé de 8 circuits par appareil. La répartition dépend de la surface du logement : sous 35 m², deux différentiels suffisent, tandis qu’au-delà de 100 m², au moins trois sont nécessaires pour couvrir l’ensemble des circuits.
Différence technique entre type A et type AC

| Type de différentiel | Courants de fuite détectés | Couverture des circuits |
|---|---|---|
| Type AC | Courants alternatifs sinusoïdaux | Éclairage, prises 16A/20A, chauffage résistif |
| Type A | Sinusoïdaux + continus pulsés | Lave-linge, plaque induction, IRVE |
La différence entre type A et type AC ne se joue pas sur la sensibilité, mais sur la nature du courant de fuite que l’appareil peut détecter. Un type AC réagit uniquement aux courants de défaut alternatifs sinusoïdaux, ceux produits par les équipements purement résistifs. Un type A, lui, détecte en plus les courants continus pulsés, générés par les redresseurs monophasés présents dans de nombreux appareils électroniques modernes.
Cette distinction est essentielle, car un courant de défaut pulsé peut aveugler un différentiel type AC sans le faire déclencher, même en présence d’une fuite dangereuse. Le type A couvre donc tout ce que détecte le type AC, plus les composantes pulsées. C’est une relation d’inclusion : tout défaut vu par un AC est vu par un A, mais l’inverse n’est pas vrai.
Ce qui ne change pas entre les deux types
Sur le plan de la protection des personnes, les deux se valent : leur seuil de déclenchement est identique, fixé à 30 mA. C’est la sensibilité exigée pour la protection des personnes en installation domestique, et elle s’applique aussi bien aux interrupteurs différentiels type A qu’aux type AC. Le prix, en revanche, diffère : comptez 25 à 35 euros pour un type AC, contre 35 à 50 euros pour un type A.
Pourquoi le législateur a imposé le type A
Les redresseurs monophasés équipant variateurs de vitesse, alimentations à découpage et modules électroniques produisent des courants de fuite unidirectionnels. Face à ces courants, un type AC devient inefficace. C’est précisément pour cette raison que la norme a rendu le type A obligatoire sur les circuits concernés, tout en maintenant le type AC autorisé là où aucun appareil électronique à redresseur n’est présent.
Circuits et appareils qui imposent le type A
Certains appareils produisent des courants de fuite continus pulsés qu’un différentiel type AC ne sait pas détecter. Depuis l’amendement 5, applicable aux permis de construire déposés après le 27 novembre 2015, la norme impose le type A sur les circuits concernés. Voici les cas à connaître.
- Plaque à induction : type A obligatoire, redresseurs monophasés en jeu.
- Lave-linge : type A obligatoire, variateur de vitesse moteur.
- Lave-vaisselle : type A obligatoire, même logique que le lave-linge.
- Borne IRVE : type A 40A/30 mA plus détecteur 6 mA DC.
- Éclairage et prises 16A/20A : type AC encore autorisé.
- Chauffage résistif et VMC sans variateur : type AC suffisant.
Le cas de la borne de recharge mérite une précision. Une borne monophasée de 7,4 kW (32A) génère une composante continue que le type A seul ne détecte pas toujours sous 6 mA DC. La NF C 15-100-7-722 exige donc un DDR type A 40A 30 mA associé à un détecteur différentiel 6 mA DC intégré à la borne.
À l’inverse, tout ce qui fonctionne en courant alternatif sinusoïdal pur reste compatible type AC. Une installation peut donc mélanger les deux types, à condition de répartir correctement les circuits dans le tableau. Un interrupteur différentiel accepte en général 8 circuits maximum.
Côté budget, un type A coûte entre 35 et 50 euros, contre 25 à 35 euros pour un type AC. Le surcoût se justifie uniquement sur les circuits réglementaires : inutile de passer tout le tableau en type A si aucun appareil ne l’exige.
Obligations de la norme NF C 15-100
Depuis l’amendement 5, applicable aux permis de construire déposés après le 27 novembre 2015, la norme impose au minimum deux interrupteurs différentiels par logement. Chaque circuit doit être raccordé au type adapté : le paragraphe §771.531 liste les circuits obligatoirement protégés en type A.
Le nombre de différentiels dépend de la surface : un logement de moins de 35 m² en exige deux, tandis qu’au-delà de 100 m², il en faut au moins trois. Pour préserver la continuité de service, on recommande de ne pas dépasser 8 circuits par interrupteur différentiel.
Pour une borne de recharge, la norme NF C 15-100-7-722 impose un type A de 40A minimum en 30 mA, complété par un détecteur 6 mA DC pour toute borne monophasée jusqu’à 7,4 kW (32A). Le type AC reste autorisé pour l’éclairage, les prises 16A/20A, le chauffage résistif et la VMC sans variateur.
Interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel : ne pas confondre
Ce que protège chaque dispositif
- Interrupteur différentiel : protège uniquement les personnes
- Disjoncteur différentiel : ajoute la protection contre les surcharges
- Disjoncteur différentiel : ajoute aussi la protection contre les courts-circuits
- Disjoncteurs divisionnaires : en complément pour chaque circuit
L’interrupteur différentiel ne détecte qu’un défaut de fuite de courant vers la terre. Il ne réagit ni à une surcharge de puissance, ni à un court-circuit franc. C’est pourquoi on le place en tête de rangée, en amont, tandis que chaque circuit reste protégé par un disjoncteur divisionnaire calibré selon son usage.
Le disjoncteur différentiel, lui, cumule les deux fonctions dans un seul boîtier : surveillance de la fuite à 30 mA et coupure automatique en cas d’intensité anormale. Il coûte plus cher, mais simplifie le tableau. Dans une installation domestique classique, la solution la plus courante reste le duo interrupteur différentiel en tête plus disjoncteurs divisionnaires en aval.
Pourquoi la confusion est fréquente
Les deux appareils se ressemblent physiquement, portent un bouton test et affichent souvent la même sensibilité de 30 mA. Beaucoup de bricoleurs pensent donc qu’ils font le même travail. En réalité, un interrupteur différentiel seul ne coupera jamais un circuit en surcharge : le fil peut chauffer dangereusement sans que l’appareil réagisse.
Autre source d’erreur : le vocabulaire commercial. Certains vendeurs parlent de disjoncteur différentiel pour désigner un simple interrupteur différentiel, ce qui induit l’acheteur en erreur sur ses capacités réelles. Avant tout achat, vérifiez la mention exacte sur la face avant : la présence d’un calibre en ampères (par exemple 40A ou 63A) et d’une courbe de déclenchement indique un vrai disjoncteur différentiel.
En cas de doute sur votre tableau, l’assistance téléphonique d’un fabricant ou d’un installateur reste joignable du lundi au vendredi de 8h à 18h pour vous confirmer la nature exacte de l’appareil à poser.
Types F, B et S : quand aller au-delà du type A
La hiérarchie des différentiels fonctionne par inclusion : un type A couvre tout ce que détecte un type AC, un type F couvre le type A, et un type B couvre l’ensemble. Monter en gamme ajoute donc des capacités de détection, sans jamais retirer celles du niveau inférieur.
Le type F détecte en plus les courants multi-fréquences générés par certains variateurs monophasés. Il reste toutefois inutile si vos circuits sont déjà correctement répartis entre type AC et type A.
Le type B est réservé aux installations particulières, notamment une borne de recharge triphasée dépourvue de détection DC intégrée. Quant au type S, dit sélectif, il déclenche avec un léger retard pour laisser un différentiel en aval couper en premier : on le place en tête d’installation, jamais en rangée divisionnaire. Dans une maison classique, ces trois types ne sont pas nécessaires au quotidien.
