Schéma développé va et vient : câblage, branchement et norme NF C 15-100
Le va-et-vient fait circuler le courant entre deux interrupteurs à 3 bornes L, 1 et 2.
- Deux interrupteurs 3 bornes L, 1 et 2.
- Deux fils navettes relient les bornes 1 et 2.
- Phase rouge sur borne L du premier interrupteur.
- Retour lampe violet sur borne L du second.
- Neutre bleu direct au luminaire, hors interrupteurs.
- Disjoncteur 10 A et câbles 1,5 mm².
Principe et fonctionnement d’un va-et-vient
Le va-et-vient repose sur une idée simple : deux interrupteurs commandent une même lampe, sans que l’un neutralise l’autre. Chaque interrupteur possède 3 bornes identifiées L, 1 et 2 c’est ce qui le distingue d’un interrupteur simple. Entre les deux mécanismes circulent 2 fils navettes, qui transportent le courant d’un point à l’autre.
- Deux interrupteurs trois bornes : chacun avec L (commun), 1 et 2 (navettes).
- Deux fils navettes intermédiaires : ils relient bornes 1 et 2 des deux interrupteurs.
- Lampe allumée si navettes alignées : le courant passe quand les deux interrupteurs sont sur la même navette.
- Quatre combinaisons de commutation : deux allument, deux éteignent, quelle que soit la position de départ.
- Couloir, escalier, grande pièce : les usages typiques d’un va-et-vient classique.
Chaque interrupteur offre 2 positions seulement : 1 ou 2. Cela génère 4 combinaisons possibles (1-1, 2-2, 1-2, 2-1). Les deux premières correspondent au circuit fermé, la lampe s’allume ; les deux autres coupent le passage. Vous pouvez donc éteindre ou allumer depuis chaque extrémité, sans jamais repasser par l’autre interrupteur.
En pratique, la commande reste limitée à 2 points de commande maximum en va-et-vient classique. Pour trois points ou plus, il faut passer au permutateur (4 bornes) ou au télérupteur. C’est une limite essentielle à connaître avant de choisir son matériel.
Schéma de câblage et plan électrique du va-et-vient

- Phase rouge sur borne L du premier interrupteur
- Navettes orange sur bornes 1 et 2 des deux interrupteurs
- Retour lampe violet sur borne L du second interrupteur
- Neutre bleu direct au luminaire, sans passer par les interrupteurs
- Terre vert-jaune sur boîtier métallique du luminaire
Schémas développé, unifilaire et multifilaire
Le schéma développé déplie chaque conducteur sur une ligne distincte : c’est le plus lisible pour comprendre le trajet du courant. Le schéma unifilaire regroupe les conducteurs d’un même circuit en un seul trait et indique la section 1,5 mm² ainsi que le calibre du disjoncteur 10 A.
Le schéma multifilaire représente chaque fil séparément avec sa couleur réelle : phase rouge, neutre bleu, deux navettes orange et retour lampe violet. C’est celui que vous reproduirez au mur, borne par borne.
Plan architectural et cheminement des câbles
Sur un plan vu de dessus, positionnez la boîte de dérivation, les deux interrupteurs et le luminaire. Le câble traverse les murs dans des gaines ICTA 20 mm et aboutit dans des boîtes d’encastrement d’au moins 40 mm de profondeur.
Entre les deux interrupteurs, prévoyez un câble de 2 navettes, plus la phase d’un côté et le retour lampe de l’autre. Repérez toujours les bornes L, 1 et 2 avant de raccorder : un repère inversé suffit à faire clignoter la lampe sans jamais l’éteindre.
Branchement pas à pas : installer son va-et-vient
Le raccordement d’un va-et-vient repose sur une logique simple : une phase qui entre par le premier interrupteur, deux fils navettes qui font la liaison entre les deux mécanismes, et un retour lampe qui repart vers le luminaire. En respectant cet ordre, vous couvrez à vous seul les quatre combinaisons de commutation possibles. Voici les six étapes à suivre, dans l’ordre.
- Couper le disjoncteur général : vérifiez ensuite l’absence de tension au testeur avant toute manipulation.
- Dénuder les fils sur 8 à 10 mm : cette longueur évite tout contact accidentel entre conducteurs voisins.
- Phase sur borne L du 1er interrupteur : le fil rouge (ou marron) alimente l’entrée du premier mécanisme.
- Navettes sur bornes 1 et 2 : les deux fils orange relient les bornes 1 et 2 de chaque interrupteur.
- Retour lampe sur borne L du 2nd interrupteur : le fil violet (ou noir) part vers le luminaire, le neutre restant direct.
- Tester les 4 combinaisons : actionnez chaque interrupteur pour valider l’allumage et l’extinction.
Un interrupteur va-et-vient possède exactement 3 bornes (L, 1, 2) et 2 positions. Sur une gamme type Legrand, la borne L se repère souvent par un fond rouge. Reliez la terre vert-jaune au boîtier métallique si votre luminaire en comporte un.
Avant de refermer, vérifiez que chaque fil est bien serré et que les boîtes d’encastrement offrent au moins 40 mm de profondeur pour loger sans forcer les mécanismes et le câblage. Une fois le montage validé, remettez sous tension et testez avec le repère de phase.
Sécurité et conformité à la norme NF C 15-100
La norme NF C 15-100 impose un disjoncteur 10 A pour protéger le circuit va-et-vient, avec un calibre maximal de 16 A. La section minimale des conducteurs est de 1,5 mm², suffisante pour alimenter jusqu’à 8 points d’éclairage et supporter une charge de 2 300 W sous 10 A. Un câble en 2,5 mm² serait inutilement surdimensionné pour l’éclairage.
Le fil de terre vert-jaune doit être relié à chaque boîtier métallique, et le circuit doit être protégé en amont par un disjoncteur différentiel 30 mA au tableau. Avant toute intervention, coupez le disjoncteur général et vérifiez l’absence de tension avec un testeur. Utilisez uniquement du matériel marqué CE ou NF.
À noter
La sécurité ne s’arrête pas à l’électricité : si votre logement abrite un appareil à combustion, un détecteur de monoxyde de carbone s’installe en priorité dans la pièce concernée. Non obligatoire en France, il reste vivement recommandé par le Ministère de la Santé, et sa pose suit la norme NF EN 50292 pour une détection fiable.
Prévoyez des boîtes d’encastrement d’au moins 40 mm de profondeur pour loger proprement les conducteurs. Un dénudage de 8 à 10 mm garantit un contact franc dans les bornes, sans fil apparent susceptible de créer un court-circuit.
Identifier les fils : phase, navettes et retour lampe
| Rôle du fil | Couleur usuelle | Borne de raccordement |
|---|---|---|
| Phase | Rouge, marron ou noir | L du 1er interrupteur |
| Navette 1 | Orange | Borne 1 des 2 interrupteurs |
| Navette 2 | Orange | Borne 2 des 2 interrupteurs |
| Retour lampe | Violet ou noir | L du 2nd interrupteur |
| Neutre | Bleu | Direct au luminaire |
| Terre | Vert-jaune bicolore | Boîtier métallique |
Avant de raccorder quoi que ce soit, gardez en tête la seule règle de couleur réellement imposée par la norme NF C 15-100 : le bleu est réservé au neutre et le vert-jaune bicolore à la terre. Toutes les autres teintes rouge, orange, violet, marron, noir servent à distinguer les conducteurs de phase, de navette et de retour lampe. Ces conventions ne sont pas obligatoires légalement, mais les respecter vous évite toute confusion lors d’une future intervention.
Si le câble d’alimentation arrive du tableau avec un fil rouge, considérez-le comme la phase et repérez-le mentalement : il doit aboutir sur la borne L du premier interrupteur, celle qui est seule d’un côté du mécanisme. Les deux fils navettes qui relient les deux interrupteurs sont interchangeables : peu importe lequel va sur la borne 1 ou 2, tant que les deux extrémités correspondent. Le fil de retour lampe, lui, part de la borne L du second interrupteur et remonte jusqu’au luminaire : c’est ce conducteur qui va alimenter la douille une fois les deux mécanismes basculés dans le bon sens.
Pour le neutre, il ne transite jamais par les interrupteurs : il rejoint directement le luminaire depuis le tableau. Quant à la terre, elle n’est raccordée qu’au boîtier métallique du luminaire, jamais sur les bornes des interrupteurs. Munissez-vous d’un testeur ou d’un multimètre avant tout branchement : il confirme sans ambiguïté quel fil arrive sous tension depuis le disjoncteur.
Matériel et outils nécessaires à l’installation
Avant de commencer, réunissez tout le matériel nécessaire. Un va-et-vient fonctionne avec deux interrupteurs 10 A à 3 bornes repérées L, 1 et 2, accompagnés d’un câble rigide en 1,5 mm² et d’une gaine ICTA de 20 mm pour le passage des fils.
| Équipement | Caractéristique technique | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Interrupteur va-et-vient | 10 A, 3 bornes (L, 1, 2) | 4 à 25 € pièce |
| Câble rigide H07V-U | 1,5 mm², fils cuivre | 0,50 à 1 €/m |
| Gaine ICTA | 20 mm de diamètre | ≈ 0,50 €/m |
| Boîte d’encastrement | Profondeur minimale 40 mm | 1 à 3 € pièce |
| Disjoncteur modulaire | 10 A, courbe C | 5 à 15 € pièce |
| Luminaire | Puissance ≤ 2 300 W | Variable |
Côté outillage, prévoyez un tournevis isolé, une pince à dénuder pour retirer la gaine sur 8 à 10 mm, un testeur de tension ou un multimètre, ainsi qu’une scie-cloche pour percer les boîtes dans le placo ou la maçonnerie. Un niveau et un crayon de traçage vous aideront à aligner proprement les deux mécanismes à la même hauteur.
Le câble 1,5 mm² est la section normalisée pour l’éclairage : inutile de passer en 2,5 mm², ce serait surdimensionné et plus difficile à loger dans les boîtes. Un même circuit peut alimenter jusqu’à 8 points d’éclairage protégés par un disjoncteur de 10 A, sans jamais dépasser 16 A pour rester conforme à la NF C 15-100.
Pour la sécurité, choisissez du matériel marqué CE ou NF et complétez votre tableau par un disjoncteur différentiel 30 mA en tête de circuit. Ce dernier protège les personnes contre les contacts indirects et reste obligatoire pour toute installation domestique.
Variantes : double va-et-vient, 2 lampes, permutateur
Double va-et-vient et commande de 2 lampes
Le double va-et-vient regroupe 2 mécanismes dans un seul boîtier, pratique pour piloter deux circuits depuis un même point tout en gardant 2 points de commande maximum par circuit. Chaque mécanisme conserve ses 3 bornes (L, 1, 2) et ses 2 fils navettes, comme un va-et-vient classique.
Pour allumer 2 lampes simultanément, le branchement s’effectue en parallèle : les deux luminaires partagent le même retour lampe et le même neutre. Le câblage reste en 1,5 mm², protégé par un disjoncteur 10 A, sans dépasser 8 points d’éclairage par circuit ni 2 300 W de charge totale.
Permutateur pour trois points de commande
Au-delà de 2 points de commande, le va-et-vient classique ne suffit plus. Le permutateur prend le relais : il possède 4 bornes et s’insère entre deux va-et-vient pour créer un troisième point de commande. Le principe : il croise ou décroise les 2 navettes selon sa position, sans jamais interrompre le circuit.
Concrètement, on conserve la phase sur la borne L du premier interrupteur, on insère le permutateur au milieu, puis on raccorde le retour lampe sur la borne L du dernier interrupteur. Toutes les sections restent en 1,5 mm², protégées par un disjoncteur 10 A (calibre maximal 16 A toléré) et un différentiel 30 mA au tableau.
Le permutateur assure une alternative au télérupteur pour 3 points de commande, mais reste limité au-delà : passé ce nombre, le télérupteur devient la solution la plus simple à câbler.
- Quatre bornes au total : deux entrées, deux sorties croisées
- Trois points de commande : deux va-et-vient plus un permutateur
- Alternative au télérupteur : pas de relais, câblage direct
- Au-delà deux points : le télérupteur simplifie le montage
