Norme NF C 15-100 borne de recharge : exigences, protections et conformité IRVE
La NF C 15-100 impose un circuit dédié par borne avec différentiel 30 mA et mise à la terre.
- DDR type A ou F 30 mA en monophasé.
- DDR type B et détection 6 mA en triphasé.
- Câble 6 mm² jusqu’à 32A.
- Prise de terre inférieure à 100 ohms obligatoire.
- Parafoudre exigé en zone AQ2.
- Protecteurs d’arc DPDA préconisés, limite 63A.
Protections électriques obligatoires pour une borne IRVE
| Type de courant | Dispositif différentiel exigé | Seuil de détection additionnel | Section câble recommandée |
|---|---|---|---|
| Monophasé | DDR type A ou F, 30 mA | Aucun (intégré au DDR) | 6 mm² jusqu’à 32A |
| Triphasé | DDR type B | Détection 6 mA obligatoire | 6 mm² jusqu’à 32A |
Différentiel, disjoncteur et détection 6 mA : quel montage pour quel régime ?
Chaque point de charge impose un circuit dédié protégé par un disjoncteur différentiel de 30 mA minimum. En monophasé, un DDR type A ou F suffit pour détecter les courants de fuite continus et alternatifs. En triphasé, le type B devient indispensable pour capter les composantes lisses propres aux véhicules électriques.
Le disjoncteur magnéto-thermique protège contre surcharges et courts-circuits. Il complète le DDR et se dimensionne selon l’intensité de la borne. En triphasé, la détection 6 mA renforce la surveillance et évite les déclenchements intempestifs sur les véhicules récents.
Parafoudre et protecteurs d’arc : quand sont-ils exigés sur le circuit borne ?
Le parafoudre est obligatoire en zone AQ2, soit plus de 25 jours d’orage par an. Il est aussi recommandé à moins de 50 mètres d’un paratonnerre. Sans lui, une surtension peut détruire l’électronique de la borne et endommager le véhicule.
Les protecteurs d’arc (DPDA) sont préconisés sur les circuits de prises, avec une limite recommandée de 63A. Ils détectent les arcs série et parallèle, souvent causés par des connexions desserrées sur une borne 7,4 kW. Ces dispositifs réduisent significativement le risque d’incendie dans le tableau électrique.
Mise à la terre de l’installation de recharge

La prise de terre est le point de départ de toute installation de recharge conforme. Sans elle, la borne refuse de démarrer la charge. La NF C 15-100-7-722 impose un circuit dédié par point de charge, mais elle rappelle surtout que la terre doit être inférieure à 100 ohms. Au-delà de cette valeur, le véhicule peut rester bloqué en attente ou la charge s’interrompre sans raison apparente.
Valeur de terre, liaison équipotentielle et conducteur vert-jaune
La prise de terre conforme repose sur plusieurs éléments indissociables :
- Terre inférieure à 100 ohms : condition de démarrage de la charge.
- Conducteur vert-jaune dédié : raccordé à la borne principale de terre.
- Liaison équipotentielle masses métalliques : exigée par la NF C 15-100-10.
- Borne principale de terre identifiée : dans le tableau ou séparée.
- Piquet ou boucle fond de fouille : la prise de terre impose sa résistance, soit une valeur maximale de 100 ohms.
La prise de terre est imposée en France depuis 1969 sur les installations électriques. Le conducteur de protection vert-jaune assure la continuité entre la borne, le tableau et le piquet ou la boucle à fond de fouille. Aucune borne ne peut démarrer la charge si cette continuité est rompue ou si la valeur dépasse 100 ohms.
Comment vérifier et mettre en conformité sa prise de terre existante ?
La vérification se fait avec un contrôleur de terre ou par mesure directe chez un électricien. Si la valeur lue approche ou dépasse 100 ohms, plusieurs solutions existent : planter un piquet supplémentaire, remplacer une connexion oxydée, ou améliorer la boucle à fond de fouille.
Il est aussi recommandé d’auditer la liaison équipotentielle des masses métalliques proches du point de charge (portail, structure métallique, tuyauterie). Une interconnexion propre vers la borne principale de terre suffit généralement. Une fois la terre stabilisée sous 100 ohms, la borne peut lancer la charge sans erreur.
Évolutions 2024-2025 de la NF C 15-100 pour l’IRVE
La NF C 15-100 n’est plus un document unique mais une série de 21 normes. Sa révision la plus récente intègre des modules induction et USB dans les circuits domestiques, et impose des obturateurs sur les socles de prise comme sur les cordons, y compris côté borne.
Les protecteurs d’arc (DPDA) sont désormais recommandés sur les circuits prises, avec une limite de 63A. Nouveauté notable pour l’IRVE : la détection 6 mA devient une exigence en triphasé, en complément du différentiel 30 mA par circuit.
Enfin, la protection minimale des coupleurs en faux plafond, plancher ou cloison passe à IP20. Pour une borne installée dans un volume technique, cette évolution sécurise aussi bien le matériel que les intervenants.
Consuel et attestation de conformité IRVE
Le Consuel (Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité) délivre le certificat de conformité qui atteste que votre installation de recharge respecte la NF C 15-100. Toutes les situations ne déclenchent pas cette obligation : voici les cas à retenir.
- Installation neuve ou rénovation totale : Consuel obligatoire avant mise sous tension.
- Puissance supérieure à 36 kW : attestation de conformité exigée sans exception.
- Ajout d’une borne sous 36 kW : exempté si l’installation existante est déjà validée.
- Installateur certifié IRVE : obligatoire au-delà de 3,7 kW (décret 2017-26).
- Accès aux aides : l’attestation conditionne crédit d’impôt et bonus écologique.
Concrètement, si vous faites poser une borne de 7,4 kW sur un tableau déjà conforme, aucun passage devant le Consuel n’est requis. En revanche, une installation entièrement neuve ou une puissance dépassant 36 kW impose la délivrance du certificat avant toute utilisation.
Le recours à un installateur certifié IRVE n’est pas qu’une formalité : c’est lui qui engage la conformité de l’ouvrage et qui vous ouvre droit aux dispositifs d’aide. La pose et le raccordement représentent en général 300 à 800 € de main-d’œuvre, auxquels s’ajoute le prix de l’appareil (300 à 2 000 € selon le modèle).
Enfin, gardez à l’esprit que l’attestation de conformité est un document à conserver : elle peut vous être demandée lors d’une revente, d’un contrôle ou d’une demande de subvention. Sans elle, l’installation reste fonctionnelle mais perd toute valeur réglementaire.
Faire appel à un installateur IRVE qualifié
Au-delà de 3,7 kW, la réglementation impose de confier le raccordement à un professionnel certifié IRVE, conformément au décret 2017-26 du 12 janvier 2017. En dessous de ce seuil, la pose reste libre : c’est notamment le cas des prises renforcées Green’up limitées à 3,7 kW.
Choisir un installateur certifié IRVE n’est pas qu’une formalité : cette qualification conditionne l’accès aux aides financières (crédit d’impôt, bonus écologique) et garantit une pose conforme à la NF C 15-100-7-722. Comptez 300 à 800 € de main-d’œuvre pour la pose et le raccordement, auxquels s’ajoute le prix de la borne, entre 300 et 2 000 € selon le modèle.
Anticipez aussi le câblage : au-delà de 10 mètres entre le tableau et la borne, un surcoût de 50 à 150 € par mètre supplémentaire s’applique. Mieux vaut donc définir l’emplacement avec l’installateur avant de valider le devis.
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Avant de valider un devis, il est utile de savoir ce qui reste réellement dans la poche d’un artisan. Le salaire net d’un électricien indépendant dépend moins du chiffre d’affaires affiché que des cotisations et des charges professionnelles, comme le véhicule utilitaire. Deux artisans peuvent ainsi afficher des revenus très différents selon leur statut et leur organisation.
Circuit spécialisé dédié et type de prise pour borne
| Type de prise / borne | Puissance max délivrée | Section câble | Protection disjoncteur | Bride de courant imposée |
|---|---|---|---|---|
| Prise E classique | 3,7 kW max | 2,5 mm² | 16 A | 8 A obligatoire |
| Prise renforcée Green’up | 3,7 kW | 2,5 mm² | 16 A dédié | Aucune |
| Borne murale T2S | Jusqu’à 22 kW | 6 mm² | 32 A dédié | Aucune |
Chaque point de charge impose son propre circuit spécialisé dédié, issu directement du tableau électrique. La norme NF C 15-100-7-722 interdit formellement de partager ce circuit avec un autre usage : ni éclairage, ni prises, ni autre borne. Cette règle vaut quelle que soit la puissance installée, y compris pour une simple prise renforcée Green’up.
Le choix du câble dépend du courant admissible. Une prise renforcée alimentée en 2,5 mm² supporte sans difficulté 20 A, tandis qu’une borne murale délivrant jusqu’à 32 A exige une section de 6 mm² pour limiter l’échauffement et la chute de tension.
Les obturateurs sont désormais obligatoires sur tous les socles de prise et cordons destinés à la recharge : ils empêchent le contact direct avec les parties actives, notamment pour protéger les enfants. En tertiaire, l’indice de protection minimum des coupleurs installés en faux plafond ou en plancher technique est IP20.
La bride de courant est un point de vigilance souvent négligé. Sur une prise E classique, le fabricant du câble de recharge doit limiter automatiquement l’intensité à 8 A pour éviter la surchauffe de la fiche. Cette contrainte est imposée par la norme, et non négociable par l’utilisateur. Pour les véhicules 100 % électriques nécessitant 7,4 kW, seule une borne dédiée avec connecteur T2S permet une recharge complète d’une batterie de 50 kWh en 7 heures environ.
FAQ, Norme NF C 15-100 et borne de recharge
Quelle puissance de borne pour recharger un véhicule électrique à domicile ?
Une borne de 7,4 kW (monophasé 32 A) convient à la majorité des usages domestiques, rechargeant 30 à 50 km par heure. Choisissez 11 ou 22 kW en triphasé si votre véhicule et votre installation le permettent.
Le Consuel est-il obligatoire après l’installation d’une borne de recharge ?
Le Consuel est obligatoire si la borne est raccordée à une installation neuve ou modifiée nécessitant une attestation, ou en cas de vente du logement. Sur une installation existante conforme, une attestation IRVE de l’installateur suffit.
Quelle prise choisir entre T2S, Green’up et prise E classique ?
La prise T2S est la référence pour une borne IRVE jusqu’à 22 kW. La Green’up convient à une recharge renforcée 3,7 kW, tandis que la prise E classique reste limitée et déconseillée pour un usage régulier.
Que se passe-t-il si la prise de terre dépasse 100 ohms ?
Au-delà de 100 ohms, l’installation n’est plus conforme et la borne doit être mise hors service. Il faut améliorer la prise de terre (piquets supplémentaires, boucle à fond de fouille) avant toute remise en charge.
Faut-il un disjoncteur différentiel 30 mA dédié pour la borne ?
Oui, un différentiel 30 mA de type A ou F dédié au circuit borne est exigé, sauf si la borne intègre une détection 6 mA DC et un différentiel adapté. Un disjoncteur dédié protège aussi la ligne.
Peut-on installer soi-même une borne sans certification IRVE ?
Non, l’installation d’une borne de recharge doit être réalisée par un professionnel qualifié IRVE pour être conforme et couverte par les garanties. Une auto-installation expose à des risques électriques et à un refus d’assurance.
